[topicataf] Et toi, skoi ton taf ?

mezigo

Modo démodé
Staff
#141
@drul : c'est un vrai frein. J'aime imaginer qu'un état soit suffisamment mature pour faire de l'ingérence active, avec les moyens d'un état, pour évangéliser ouvertement ses voisins.
Je trouverais "normal" que des communicants, par exemple Polonais, viennent en France annoncer qu'ils ont un projet contre la pollution, ou contre la pauvreté, et qu'ils pensent que ce projet pourrait être mis en œuvre conjointement entre nos deux pays.
Actuellement, aucun politique ne cherche à faire rêver sur son avenir la population. Ils nous vendent soit un "retour vers un âge d'or passé" (plein emploi, plus d'immigrés, plus de pandémie...) soit un futur catastrophique (crise écologique, guerre nord-sud...).

Personne pour proposer d'inventer une nouvelle façon de fonctionner, car tous veulent proposer une "solution" qui va s'appliquer tout de suite demain.
Pour moi, c'est "non !". Demain on fait comme aujourd'hui (en un peu moins pire) mais on prépare une vraie rupture, qui soit choisie et construite, à un niveau international.
 

dartyduck

Grand Maître
#142
La rupture risque d'être brutale si les patrons continuent sur cette voie.
 

mezigo

Modo démodé
Staff
#143
Je pense qu'elle est inévitable. Et je suis catastrophé de ne pas voir proposer une alternative viable. La crise sanitaire aurait pu être un bon déclencheur...
 
Appréciations: drul

drul

Obscur pro du hardware
Staff
#144
Le deuxième gros problème à l'adoption des ces idées (là aussi le parallèle écologique peut être fait) est qu'il ne va jamais vers l'augmentation du pouvoir d'achat dans les pays qui pourrait entreprendre ledit changement (on est tous dans les 10% (chiffre évalué avec le doigt mouillé de DD) les plus riches sur cette planète). Ces mesures sont donc généralement incroyablement peu populaire...
 

dartyduck

Grand Maître
#145
Je pense qu'elle est inévitable. Et je suis catastrophé de ne pas voir proposer une alternative viable. La crise sanitaire aurait pu être un bon déclencheur...
Une alternative est régulièrement proposée par les partenaires sociaux au medef. Sauf que le medef, soutenu par l'état, leur dit fuck. Donc bah quand une des parties refuse de faire la moindre concession, ça finit forcément au clash. D'où les gilets jaunes. Mais le vrai clash est à venir.
 

SergioVE

Grand Maître
#146
Vous dites tous plein de choses sensées, intelligentes, humaines, généreuses et tout et tout. Mais personne ne propose de solution réaliste pour sortir de ce merdier. Et @svoglimacci, patron de Renault, obligé de faire des voitures électriques avec du personnel qualifié pour faire des voitures thermiques, ne trouverait comme remède à la situation que de démissionner en criant « mort aux actionnaires ! » ce qui certes consolerait les 2500 licenciés…
Vous opposez un capitalisme débridé à un communisme dictatorial qui n’existe plus guère en oubliant que nous vivons plutôt dans un régime où l’assistanat augmente effroyablement de jour en jour parce que les politiques, le patronat et les syndicats sont incapables de réguler le travail.
 

svoglimacci

check memory failed but no bug detected
#147
Le plus gros problème c'est qui si quelqu'un commence, sans que les autres suivent, il perd.
Ca reste à prouver. Si la populace réalisait enfin le pouvoir de 66 millions de gugusses (pour ne parler que de la France) pour faire plier qui ont veut ou pour aider qui on veut, celui qui commence pourrait ne pas être celui qui perd.
Par ailleurs, un pays où les gens sont plus épanoui, une entreprise où les travailleurs ont moins le sentiment d'être de la viande (de canard), sont des lieux où la productivité est meilleure.

Pour moi, c'est "non !". Demain on fait comme aujourd'hui (en un peu moins pire) mais on prépare une vraie rupture, qui soit choisie et construite, à un niveau international.
Bah oui, suidacor.

@SergioVE, le problème n'est pas en soit le capitalisme, je parle de l'ultra-libéralisme qui est en train de littéralement nous défoncer. Certains indicateurs s'affolent, trouve le chiffre (je ne l'ai pas) de l'écart entre les bas et les hauts salaires au sein d'une grande entreprise, il a été multiplié je crois (pas sûr du tout) par 50 ou 100 depuis les années 70. Les dividendes versés ont explosé (ce ne sont que deux exemples, ne parlons pas de l'emploi et de l'exploitation de l'humain). Ce n'est pas ça le capitalisme, ça c'est de l'ultra-libéralisme, du no-limits, la loi de la jungle. Plus de régulation (sauf lorsque les états doivent renflouer les banques bien sûr :D). Le politique est de plus en plus inutile. Par copinage ? Par impuissance ? Je m'en moque, là n'est pas le sujet.

Solution réaliste ? Les états peuvent encore pourtant arrêter cette course folle, ils se le promettent à chaque crise, la main sur le coeur, et ne le font pas. Pourtant, si ils le promettent, c'est qu'ils savent que c'est possible.
Plus de régulation par un vrai état ne règlera bien sûr pas le problème des spécialistes du thermique non adaptés à l'électrique, mais permettra peut-être d'éviter le pipeautage excessif sur l'adaptabilité de ces employés qui est de manoeuvrer pour en virer un max pour les remplacer par du moins bien payé.

Il va falloir absolument que cela cesse car le monde court à sa perte. Comme l'a écrit @mezigo, on ne fait que nous faire peur avec le lendemain. Les fameuses boites qui doivent déporter leurs usines à l'étranger pasque vous comprenez ma bonne dame la main d'oeuvre est trop chère chez nous... On se marre maintenant lorsqu'on réalise officiellement (on le savait déjà) qu'on est infoutus de produire un vaccin voire un cachet d'aspirine, et je ne parle pas des domaines ultra-sensibles comme celui de l'électronique par exemple.

@SergioVE, et quoi ? On regarde notre bateau couler, debout sur le pont sans canots de sauvetage ? On ajoute un petit orchestre pour faire Titanic ?

Pour la bonne bouche, je paraphraserai un anar qui naviguait dans la périphérie d'Action Directe (il ne les cautionnait pas) : "Un licenciement de 2 ou 3000 personnes est un acte d'une grande violence (misère, suicides, tout le tralala). Moi je ne suis pas un homme violent mais si un de ces patrons se prenait un coup de clé anglaise sur la gueule, je ne pleurerai pas".
 

svoglimacci

check memory failed but no bug detected
#148
en oubliant que nous vivons plutôt dans un régime où l’assistanat augmente effroyablement de jour en jour parce que les politiques, le patronat et les syndicats sont incapables de réguler le travail.
Dans un monde ou l'automatisme augmente de manière délirante (je ne critique pas, j'adore ça !) et n'a pas fini d'augmenter, il va peut-être falloir penser à réellement partager les gains, rendre gratuites un certain nombre de choses, vivre autrement. Il y a des solutions, comme la notion de salaire universel, mais c'est un sujet à part entière.

Un slogan publicitaire (SNCF) m'a toujours plu, je trouve la phrase très belle : "Le progrès ne vaut que si il est partagé par tous". Ben yapluka :)
 

magellan

Modérâleur
Staff
#151
Ce qui est ironique me concernant, c'est qu'on tient strictement le même discours catastrophiste concernant le fonctionnement supposément débridé de notre économie.

A toutes fins utiles, je tiens à rappeler quelques aspects qu'on oublie bien trop vite
- Les plus gros trusts de tous les temps n'existent plus en soi. La standard Oil et son patron Rockfeller était plus riche et plus puissant que quelque société que ce soit aujourd'hui. Des gros patrons du rail américain dépassaient (en terme de valorisation) ce que Apple Google et consoeurs représentent aujourd'hui.
- Le talon de fer de Jack London décrivait déjà, en son temps, l'hégémonie des trusts sur les populations, et pire encore l'effondrement des états face à ces puissances économiques.
- Dans les années 70/80 le "cyberpunk" décrivait clairement, par sa littérature et ses univers, la toute puissance de sociétés sur les états et les foules à travers leur emprise sur le virtuel (par exemple la société fictive Arasaka pour qui connait la référence).
- Et doit-on parler des connivences entre les états et les sociétés? Que dire de la "France afrique" où ELF et TOTAL s'en donnaient à coeur joie avec des mercenaires et des putschs ouvertement financés par la France? On se rappellera de VGE et des diamants, des Comores et j'en passe...

ça n'a pas empiré. ça a changé. Enormément. D'ailleurs, le plus paradoxal est que ces modifications structurelles sont, selon moi, induites par trois points fondamentaux
- La fin d'un monde bipolaire par la mort de l'URSS et la naissance d'une Chine comme nouvelle superpuissance. La fin de l'URSS a accouché d'une Russie qui se débat pour retrouver une position mondiale crédible et viable, et la disparition du conflit idéologique fondamental (est/ouest) a fait émerger une instabilité autrement plus diffuse dans le monde (moyen orient surtout)
- L'érosion inexorable des USA qui, pour l'heure, sont dans une phase de soubresauts pour ne pas périr face au reste du monde. Les USA se maintiennent à flot de par sa toute puissance technologique (nouvelle technologies surtout), et l'importance toujours énorme du pétrole. En ayant engendré des fortunes colossales, cela leur permet de ne pas perdre pied face à la Chine surtout. Et nous... nous sommes des petits poucets qui les regardons se disputer le gâteau économique mondial sur lequel nous ponctionnons nos miettes.
- Et surtout, la modernisation extrêmement -voire exagérément- rapide des moeurs et méthodes permettent désormais à des sociétés de faire littéralement concurrence aux états dans des domaines inattendus. SpaceX, Google via ses services (android/le moteur de recherche...) et j'en passe ont en commun de venir piétiner les plats de bande des nations et même des organisations mondiales!

Me concernant, ce que je remarque aussi et surtout, c'est que les états n'hésitent pas à reprendre la main quand ils estiment que cela va trop loin. Quoi qu'on en pense, toutes ces sociétés ne disposent pas d'un pouvoir aussi puissant qu'on le pense. Tant que cela ne vient pas chercher sur le terrain des stratégies politiques, les nations les laissent oeuvrer pour générer de l'emploi et de l'argent. Google a pris quelques claques, Facebook tout autant, ceci non pour les problèmes fiscaux, mais en vérité pour rappeler à leurs patrons respectifs "le seul vrai patron c'est l'état. Là, vos magouilles et ingérences dans la vie privée ça se voit de trop, alors on se calme ou on vous casse les reins". Microsoft a failli y laisser son unité en son temps pour strictement les mêmes raisons et conséquences....

Je ne me leurre pas:
- la déflation est un joli fantasme qui ne fonctionnerait que SI tout le monde était sur le même rythme.
- Croire que virer le capitalisme fonctionnera est omettre que les masses désirent avant tout améliorer le quotidien, et sûrement pas se préoccuper du comment. C'est en cela que le phénomène "messie" de tout politique offrant des solutions simples et digestes marche si bien.
- On ne vit pas moins bien, on vit différemment. Je n'ai aucune envie de vivre 50/100 ans en arrière où l'ouvrier était un esclave de la machine.. mais pas que certains, tous sans exception. Des décennies de lutte ouvrière (au prix du sang parfois) ont permis d'avoir une situation autrement plus enviable qu'il y a ne serait-ce que 50 ans en arrière.
- Les foules ne sont pas innocentes. En cherchant le mieux-disant, le moins cher, on a tous participés à la mort de nombre d'activités locales au profit d'un fonctionnement mondialisé ... A coûts supposément moindres. Pire: ceux qui aujourd'hui se gargarisent avec l'idée de relocaliser oublient trop souvent que le surcoût induit paradoxalement par l'amélioration du salariat en France est incompressible... et difficile voire impossible à absorber par les gens les plus humbles de la société.
 
Vous devez vous inscrire ou vous connecter pour répondre ici.
Membres en ligne
  • svoglimacci
  • Valetia67
  • lachrymoze
Derniers messages publiés
Statistiques globales
Discussions
866 406
Messages
7 795 785
Membres
1 582 331
Dernier membre
IDEACA Centrafrique
Partager cette page
Haut